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Guide pour devenir graphiste freelance


Réponses à toutes les questions que l'on se pose sur ce métier en freelance.

graphiste rapide

Cela fait 15 ans que je suis installé à mon compte comme graphiste webdesigner freelance (et plus de 20 ans que je suis dans le métier). Je reçois souvent des messages de personnes qui envisagent de se mettre à leur compte et me posent des questions sur le fonctionnement du statut indépendant ou le métier de graphiste. Dans cet article, je fais part de mon expérience afin de partager des conseils et répondre à ces questions que l’on me pose souvent :

Comment faire un devis ?

Comment trouver des missions en freelance ?

Quelle expérience est nécessaire pour devenir graphiste freelance ?

Quel statut choisir pour travailler en freelance ?

Comment se passe une journée type ?

Faut-il effectuer des déplacements ?

Quelles sont les qualités requises pour devenir graphiste freelance ?

Quels sont les avantages du statut freelance ?

Quels sont les inconvénients à travailler en freelance ?

Dans un secteur devenu si concurrentiel, est-il encore possible de se faire une place ?

Comment faire un devis ?

Calculer un prix forfaitaire par rapport au temps que l'on estime nécessaire

L’un des enjeux majeurs en tant que graphiste freelance n’est pas uniquement de savoir faire de belles créations graphiques, mais également de savoir évaluer le temps de travail qu’une prestation va représenter afin d’établir des devis au plus juste. Quand on travaille en freelance, une des règles d'or que l’on doit garder à l’esprit, pour avoir une activité rentable, est la suivante :

Les devis doivent être calculés au plus juste, en multipliant un tarif horaire par le nombre d'heures dont on estime avoir besoin pour réaliser une prestation. Attention à prendre en compte le nombre d'heures total, en comptant les allers-retours potentiels de modification. Pensez à annoncer vos prix en HT, car la TVA est le plus souvent récupérable pour les entreprises.

Comment estimer le temps de travail d'une prestation ?

Après plusieurs années de pratique, on a une idée plus précise du temps qui nous sera nécessaire pour réaliser un flyer A5 recto verso, une recherche de logo, une affiche, une plaquette 8 pages, un catalogue de 80 pages, une newsletter, un site internet de 5 pages, un site de 30 pages en plusieurs langues… Une bonne astuce est de noter le nombre d'heures passées sur chaque prestation ; cela permet ensuite d'avoir des statistiques et de pouvoir évaluer le temps nécessaire moyen pour chaque type de projet. Mais ces repères sont à ajuster car dans le même temps, avec l’expérience, on se rend compte aussi qu’il est impossible de pratiquer toujours le même tarif pour une plaquette, une affiche ou un site web. Pourquoi ? Tout simplement parce que le temps nécessaire pour réaliser un document print ou un site va dépendre de nombreux facteurs : degré d’exigence du client, quantité de textes, complexité technique et graphique, la précision du brief… C’est pour cette raison que je n’indique pas sur mon site de tarifs forfaitaires par type de support.

La variabilité du temps nécessaire en fonction des attentes du client

Mon expérience m’a appris que le temps nécessaire à une prestation peut parfois varier du simple au triple, selon le projet et le client que l’on a en face. Il convient donc, avant de fournir un devis, de demander un maximum d’informations sur la prestation attendue. Par exemple, si on me demande le prix pour une brochure, je demande, avant de faire le devis, à ce que l'on m'envoie le fichier Word écrit par le client avec les contenus afin de voir la longueur des textes, évaluer si il y a des tableaux, des infographies à réaliser, des pictos à dessiner, des recherches de photos à effectuer… Pour le web, je reçois souvent des messages sur mon formulaire de contact avec rien de plus que : «Combien coûte la création d’un site internet ?». Ce genre de question, sans plus d’explications, revient au même que de demander « Combien coûte une voiture ? ». Il est impossible de répondre à cette question sans avoir plus de précisions. Cela dépend de plein de facteurs, du type de site web (site vitrine, e-commerce, etc…) du nombre de pages et de leur hauteur, du degré de sophistication technique et graphique, de la liste des fonctionnalités souhaitées… Dans ce cas, j’échange donc avec la personne pour préciser tous ces points avant de pouvoir rédiger mon devis.

devis graphiste freelance

Contrairement à beaucoup de prestataires, je calcule mes devis par rapport à un nombre d'heures total et non un nombre de jours afin d'établir mes devis avec le plus de justesse possible, pour mes clients, comme pour moi.

Parfois, en évaluant le temps de travail pour une tâche, on se rend compte que l'estimation par unités de journées manque de finesse. Je ne vais pas facturer une demi-journée de travail pour une mini-prestation qui ne prend pas plus d'une heure (ex : une déclinaison de format pour une bannière web ou une affiche). Autre exemple, il n'y a pas de raison d'arrondir de la même manière une prestation que l'on estime à une petite journée de 6 heures et une autre que l'on estime à une grosse journée de 10 heures, car cela fait un différentiel important. Dans le premier cas, arrondir à une journée ferait un devis un peu trop cher ; dans le deuxième cas, c'est le graphiste qui serait lesé. Je préfère donc, pour plus de finesse, proposer un tarif calculé en heures et non en jours. Par ailleurs, il est important de prévoir dans l'estimation de temps les allers-retours de modifications. C'est cette inconnue qui est la plus difficile à estimer car on ne peut pas savoir d'avance le nombre de modifications que demandera le client. Il peut souvent y avoir +20 à +50% de temps en plus, selon les clients (plus ou moins exigeants, plus ou moins indécis...). Il faut donc arriver estimer ce temps avec ses intuitions.

L’expérience permet donc de savoir poser les bonnes questions pour évaluer le volume horaire nécessaire au plus juste. Si le devis est sous-évalué, le graphiste va travailler à perte et regretter de passer autant de temps sur un projet mal rémunéré. Si le devis est surévalué, le client trouvera certainement un autre prestataire à un prix inférieur.

Comment trouver des missions en freelance ?

Un bon référencement naturel est utile mais demande de l'expertise et beaucoup de temps

Personnellement, j'ai beaucoup travaillé l'optimisation au référencement naturel de mon site internet (suite à une formation approfondie sur le sujet). Ma première position sur Google avec les mots clés "graphiste freelance Nantes", "webdesigner freelance Nantes" ainsi que des positions en première page sur 27 autres associations de mots clés m’amènent des demandes de devis. Ainsi, pour ma part, Google est mon meilleur commercial, et il a l’avantage d’être gratuit et de travailler tout seul pour moi 7 jours sur 7, 24h/24 ! Mais pour apparaître dans les premières places, il faut bien maîtriser le sujet complexe du SEO et c'est un énorme travail de longue haleine qui prend du temps à porter ses fruits. Et rien n'est acquis car les classements changent en permanence. Cela demande donc une veille permanente et un travail régulier pour conserver de bonnes positions. La majorité des internautes ne vont pas au-delà de la première page de résultats sur Google, et la plupart ne cliquent que sur les 3 premiers liens ; cet objectif de visibilité en référencement est donc le plus difficile des moyens à atteindre quand on sait que des milliers de prestataires convoitent ces places.

La prospection et les réseaux sociaux

Si vous n'arrivez pas à vous positionner dans les premières places sur Google, faites de la prospection : cherchez les sociétés qui pourraient avoir besoin d'un graphiste (celles dont la communication semble à désirer, par exemple) et contactez les. Vous pouvez aussi essayer d'utiliser les réseaux sociaux (Linkedin, page pro sur Facebook) pour vous faire connaître, en publiant des posts avec vos créations. Même si pour ma part, les réseaux sociaux ne m'ont jamais apporté de travail (Facebook n'est pas le plus efficace en BtoB). Pour votre site, soignez le design et en particulier la partie portfolio car ce sera votre vitrine la plus déterminante pour convaincre les prospects.

Les plateformes de freelancing

Il existe sur internet des sites de mises en relation entre clients et prestataires freelance. L’inconvénient de ce genre de plateforme réside dans le fait qu’il faut payer pour pouvoir contacter les prospects, et que l’on se trouve en concurrence avec de très nombreux autres prestataires. Face à l’afflux de propositions, les prospects ne répondent pas toujours et ce genre de mise en concurrence oblige à casser les prix pour décrocher un contrat, car les clients qui passent par ce genre de site cherchent avant tout un graphiste pas cher, à trois fois moins cher que le prix normal. Je ne ferai donc pas la pub ici de ce genre de plateforme.

Savoir fidéliser sa clientèle

Au-delà du référencement, j’ai aussi la chance de pouvoir compter sur des clients réguliers qui font appel à moi depuis des années, c'est ce qui me permet de sortir mon épingle du jeu dans un domaine devenu hyper concurrentiel. Un client satisfait est un client qui revient, donc il est vraiment indispensable de faire le maximum pour offrir le meilleur service possible.

Le réseautage et le bouche à oreille

Le bouche à oreille peut également être utile. Si vous donnez satisfaction à vos clients, ils peuvent vous en amener d'autres par recommandation. N'hésitez pas également à faire parler de vous par vos amis ou votre famille. Peut-être qu'un jour, l'un de vos proches aura l'opportunité de vanter vos talents à une tierce personne qui vous contactera, mise en confiance par la recommandation.

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Quelle expérience est nécessaire pour devenir graphiste freelance ?

L'importance du portfolio et de l'expérience en tant que salarié

Tout d’abord, il est important de savoir qu’avant de se mettre à son compte comme freelance, il est primordial d’avoir eu auparavant plusieurs années d’expérience professionnelle, en entreprise. Un graphiste débutant qui se met à son compte en sortant d’une école d’arts graphiques risque fortement de se retrouver en difficulté pour plusieurs raisons. Au début de sa carrière, il ne sera pas assez rapide ni assez aguerri avec les difficultés du métier. Et son portfolio de créations (plus important que les diplômes pour un graphiste) ne sera pas assez étoffé.

Il est difficile de dire combien d’années d’expérience exactement sont nécessaires pour se lancer car cela dépend des parcours et des personnalités. Il faut se sentir prêt et que les conditions soient réunies pour oser franchir le pas, avec toute l'insécurité que cela peut représenter. À titre d’exemple, pour ma part, j’ai d’abord travaillé 6 ans en tant que salarié comme graphiste, puis directeur artistique, dans des studios et agences conseil en communication. Cela m’a permis de me faire la main sur des domaines différents, des registres de communication et des supports très variés, de remplir mon book et cela m’a donné une grande capacité d’adaptation. Et surtout, avec les années, j'ai appris à travailler beaucoup plus vite qu'à mes débuts, ce qui permet d'être plus rentable.

L'importance de l'expérience de la relation client

Avant tout, pour travailler en freelance, il faut une solide expérience de la relation avec les clients afin de comprendre rapidement les attentes, et y répondre de la manière la plus adaptée. L'idéal est d'avoir eu l'occasion, en tant que graphiste salarié, d'avoir eu des contacts directs avec des clients afin d'être rodé à ce type d'échanges. Cerner les goûts et les besoins d’un commanditaire demande beaucoup de psychologie et d’écoute. Un graphiste n’est pas un artiste qui crée une oeuvre personnelle dans son coin selon ses envies, mais un créatif pragmatique qui doit mettre ses idées au service d’une entreprise, ou d’une association, avec un cahier des charges. Chaque interlocuteur a son fonctionnement, sa logique, ses problématiques, ses contraintes… Et seule l’expérience peut permettre de s’adapter à toutes les situations et tous les domaines possibles.

Quel statut choisir pour travailler en freelance ?

• Demander un numéro SIRET auprès du Centre de Formalité des Entreprises (il est toutefois possible de commencer à établir des factures en indiquant "SIRET en attente" quand on ne l'a pas encore reçu).

• Les statuts juridiques les plus fréquemment choisis en tant que graphiste sont surtout celui de graphiste auteur à La Maison des Artistes (MDA) et parfois de micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur). La MDA est l’organisme équivalent à l’URSSAF (pour les graphistes auteurs) qui s’occupe de collecter les cotisations sociales : maladie, vieillesse, CSG, CRDS…

• S’inscrire à l’IRCEC (pour la retraite complémentaire).

Ces démarches sont obligatoires pour être dans la légalité et pour pouvoir facturer.

Bon à savoir : pour les personnes qui envisagent le statut d'artiste auteur à la Maison des Artistes, cet organisme propose à Paris des réunions d’information pour expliquer toutes les démarches pour s’installer comme graphiste freelance.

• Pour les micro-entrepreneurs, le montant des cotisations sociales est de 22% du chiffre d'affaires.

• Pour les graphistes qui font le choix de la Maison des Artistes, le montant des cotisations sociales se calcule par rapport au bénéfice et non par rapport au chiffre d'affaires. Le taux de cotisations sociales est d'environ 20% du bénéfice (en fait 17,35% du bénéfice X 1,15%) et 4% du bénéfice pour la retraite complémentaire. Pour être affilié à la Maison des Artistes, il faut faire une majorité de travaux de création (notion de graphiste auteur) et non uniquement des prestations techniques d'exécution. Et la première année est plus contraignante car il faut demander à tous ses clients d'envoyer un précompte pour vos cotisations sociales à la MDA (environ 10% de la facture) pour approvisionner votre dossier. Une fois que votre dossier est validé et que vous êtes affilié, vous payez directement vos cotisations sociales à la MDA.

La MDA est plus avantageuse que le statut micro-entrepreneur pour les taux de cotisations sociales. Par contre, avec le statut de micro-entrepreneur, on peut bénéficier de l'ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d'Entreprise) qui consiste en une exonération partielle de charges sociales pendant les 3 premières années d'activité si vous êtes inscrits à Pole Emploi au moment du démarrage. L'ACCRE n'est pas accessible si on choisit la MDA. Le statut micro-entrepreneur est donc plus favorable au début, mais la MDA l'est davantage ensuite.

• Sur le plan fiscal, les bénéfices (pour les deux statuts) sont à indiquer sur la fiche de déclaration de revenus complémentaires (n°2042 C) avec le régime BNC. Pour la micro-entreprise, le bénéfice imposable est déterminé par l'administration fiscale qui applique au chiffre d'affaires déclaré un abattement forfaitaire pour frais professionnels de 34%. Pour les graphistes à la Maison des Artistes, on peut également opter pour une déclaration des frais au réel (plus avantageux seulement si on dépasse 34% de charges et frais).

Je vous ai perdu, là ? Et oui, pour se mettre à son compte, il faut aussi accepter de faire un peu de paperasse et de gymnastique mentale entre chiffre d'affaires et bénéfice ! :)

travailler en freelance

Comment se passe une journée type ?

Pour ma part, il n’y a pas vraiment de journée type. Comme je suis à la fois graphiste, webdesigner et webmaster, je propose plusieurs types de prestations dans le print et dans le web ; et les journées peuvent être très différentes. Je travaille parfois sur des créations pures de maquettes ou de l'infographie avec les logiciels Adobe (Indesign, Photoshop, Illustrator), parfois sur des créations de sites Wordpress, des bannières web ou des newsletters, parfois sur du conseil en communication. Mes journées peuvent parfois être un mix de tout ça, surtout quand je travaille sur plusieurs dossiers en même temps. En fait, on n’attend pas d’avoir validé la fin d'une mission pour en commencer une autre car chaque projet comporte des phrases de travail et des phases où l’on attend le retour du client. Lorsque l’on attend la réponse d’un client sur une prestation réalisée, on avance sur d’autres choses. Et les jours où on n'a pas de travail, on fait de la prospection pour trouver de nouvelles missions.

Faut-il effectuer des déplacements ?

Pour ma part, je rencontre rarement physiquement mes clients, pour la simple et bonne raison que ce n'est pas forcément nécessaire à la réalisation d'une mission et qu’ils sont souvent loin de Nantes, dans d’autres régions de France (en général, on me trouve grâce à mon référencement national sur Google). Je travaille la grande majorité du temps à distance, depuis mon domicile. Il m’est néanmoins parfois arrivé de travailler dans les locaux d’agences de communication qui m’ont missionné à la journée.

Quelles sont les qualités requises pour devenir graphiste freelance ?

Un bon relationnel

Un graphiste indépendant est en contact avec des clients, contrairement à un graphiste salarié (en agence, il n'a pas à s'en occuper en général car c'est la mission des commerciaux). Il faut donc avoir un relationnel agréable, de bonnes qualités de communication orale et écrite, du tact, de la diplomatie...

La polyvalence

Un graphiste en freelance ne vit pas les mêmes journées qu’un graphiste en entreprise. Il ne fait pas uniquement du graphisme et des maquettes. Il doit aussi répondre au téléphone et aux demandes de devis qui lui arrivent sur sa boite mail, gérer sa comptabilité, faire des factures, relancer parfois pour que celles-ci soient payées, gérer sa propre communication pour se faire connaître, résoudre des problèmes techniques et informatiques, faire de la veille technologique… C’est à la fois un créatif, un technicien, un commercial, un chef d’entreprise…

La réactivité et la rapidité

Les délais de réalisation sont souvent très courts dans la création des supports de communication. Il arrive très souvent que les entreprises sollicitent un graphiste freelance peu de temps avant une deadline, par manque d’anticipation et d’organisation. Le graphiste est donc parfois contraint de réaliser une prestation en quelques jours, ou pour le lendemain, voire même pour la veille dans certains cas extrêmes ! :) Inutile de dire que dans ces cas là, il faut savoir être réactif, se rendre très disponible, répondre rapidement aux mails et aux appels pour faire face à l’urgence. La rapidité de réalisation est une qualité qui se développe au fil des années, avec une maîtrise grandissante des logiciels, une compréhension rapide des besoins, et une capacité à faire rapidement des choix pertinents.

graphiste rapide

La capacité à se remettre en question et à continuer de se former en permanence

La mode, ça se démode vite. Cet adage est particulièrement vrai dans le graphisme. Une création dont on était fier il y a 5 ans peut paraître en dehors des goûts esthétiques du jour, il est donc important de savoir en permanence sortir de ses zones de confort et expérimenter de nouvelles idées graphiques. Ne jamais croire que c’est gagné et que l’on sera toujours au top. Il faut savoir en permanence se renouveler et se battre pour faire toujours mieux et plus moderne. Et cette nécessité de remettre en question ses idées et connaissances ne concerne pas que l’esthétique mais aussi et surtout la technique, particulièrement dans le web. Il faut être prêt à constamment apprendre. Depuis que je travaille en freelance, je n’ai jamais pu me reposer sur ce que j’ai appris au début. Les techniques en création de site internet évoluent en permanence. À certaines époques, on me commandait surtout des sites en HTML et Flash, ensuite il y eut la période phare de Joomla, et c’est aujourd’hui Wordpress qui domine le marché, avec une importance de plus en plus grande accordée à l’affichage sur mobile depuis quelques années (responsive design). Il faut donc sans cesse se former à de nouvelles compétences, et pour les webdesigners, il faut faire de la veille technologique, s’informer sur les nouveautés techniques, les évolutions dans les langages de programmation web.

Le sens de l’observation et du détail

Un graphiste a pour mission de peaufiner des détails pour que l'ensemble visuel soit agréable et bien agencé. Harmoniser les proportions, les espaces, les couleurs, les tailles de textes, régler au plus juste l’interlignage… C’est toute la différence entre un graphiste professionnel et une personne qui s’y essaye de manière amateure. Régler les détails et harmoniser demande un sens aigû de l’observation, il faut savoir regarder de près et de loin, s’attarder sur des détails… Plus on avance dans l’expérience du métier de graphiste, plus ce sens du détail se développe.

La patience et le lâcher-prise sur la subjectivité des goûts

Même quand on a le sentiment d’avoir fait une très belle création graphique et d’avoir répondu le plus parfaitement possible au besoin du client, il faut toujours garder à l’esprit que l’entreprise commanditaire aura peut-être une réponse qui nous surprendra, avec une vision différente des choses et nous demandera de modifier certaines choses, voire de tout changer ! « Faire et défaire, c’est travailler » dit le dicton, et c’est encore plus vrai dans le design graphique ! Il faut donc accepter de revoir sa copie, de remettre en question les choix que l’on avait fait, et parfois de tout recommencer. C’est souvent déconcertant mais il faut accepter avec beaucoup de respect et de lâcher-prise que le client puisse avoir une autre vision des choses et que cela ne remet pas en cause votre compétence ou votre talent. Ce phénomène de subjectivité est encore plus flagrant quand c’est un groupe de personnes qui s’exprime sur une création proposée. Ainsi, quand plusieurs personnes en réunion donnent leur avis sur plusieurs pistes de logos, on a souvent des retours de ce genre : « La directrice marketing préfère le deuxième, le PDG préfère le premier, et la directrice de la communication préfère le troisième…» Cet exemple sur la subjectivité des appréciations permet de prendre conscience qu’il n’y a aucune vérité absolue en matière de goûts esthétiques, et cela permet de prendre du recul sans prendre les choses personnellement quand une création n’a pas le retour positif attendu. Et ensuite, en phase de production, il y a souvent de nombreux allers retours avec des modifications sur les textes et les images d'un document. Il faut donc patiemment être prêt à reprendre plusieurs fois un document que l’on croyait finalisé. Au début d’une carrière de graphiste, on est surpris de voir que les clients changent autant d’avis, et l’expérience aide à mieux accepter ce paramètre !

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Quels sont les avantages du statut freelance ?

La chance de faire un métier agréable et épanouissant

J'ai été attiré par la profession de graphiste car cela permet d'exprimer sa créativité. C'est un métier à la fois artistique et technique, qui demande de toujours se remettre en question pour essayer de suivre les tendances. C'est un vrai challenge au quotidien, surtout quand on le pratique depuis longtemps. Je mesure tous les jours la chance que j'ai de faire un métier agréable et intéressant.

La liberté d'être son propre patron.

L’avantage principal à devenir graphiste freelance est la liberté que cela procure. Un graphiste freelance est libre de travailler aux horaires qu’il souhaite, de vivre et travailler où il veut (à distance avec internet). Il peut choisir ses dates de vacances (sous réserve que tous les dossiers en cours soient finalisés et validés).

Quels sont les inconvénients à travailler en freelance ?

La problématique du sentiment d'isolement

L’inconvénient principal peut parfois être le sentiment d’isolement pendant les heures de travail si on choisit de travailler en freelance à domicile. Pour ma part, je n’en souffre pas trop car quand je travaille, je suis très concentré sur ma tâche et je préfère ne pas être déconcentré. De plus, le fait d'avoir des clients au téléphone dans la journée réduit un peu ce sentiment de solitude. Et j’ai de toute façon une vie sociale très riche en dehors du travail. Sinon, il existe des solutions de co-working pour travailler de temps en temps avec d’autres prestataires indépendants. Cela peut être intéressant pour échanger afin d'avoir des avis extérieurs sur son travail et prendre un peu de recul.

La difficulté de certaines personnes face à l'incertitude

D'un mois sur l'autre, les revenus peuvent varier, en fonction des délais de paiement et du montant des factures. Il est important d'être prévoyant et de mettre de l'argent de côté, les mois où on a de bonnes rentrées pour pouvoir faire face financièrement pendant les périodes où on a moins de revenus. Et il faut savoir rester zen pendant les périodes où l'on a moins de travail. Cette variabilité dans les revenus peut rebuter des personnes qui ont besoin de se sentir en sécurité financière.

La difficulté à cloisonner vie pro et vie perso

Le fait de travailler à domicile peut être parfois délicat à gérer. On peut avoir tendance à répondre à des mails pros les soirs et week-ends alors qu'il serait préférable de déconnecter totalement quand on est en dehors des horaires de travail. Il est important de s'octroyer de vraies coupures pour éviter de saturer.

Mon conseil aux graphistes débutants

L'indépendance peut poser problème aux personnes qui préfèrent la sécurité, la stabilité financière et le travail en équipe. Je recommanderais aux jeunes graphistes fraîchement diplômé(e)s et tenté(e)s par l'aventure d'acquérir d'abord plusieurs années d'expérience en agence au préalable et d'avoir bien préparé la question de la clientèle à trouver.

Dans un secteur devenu si concurrentiel, est-il encore possible de se faire une place ?

Avec l'explosion du nombre de graphistes et webdesigners indépendants ces dernières années, il est devenu très difficile à de nouveaux prestataires de se faire une place en freelance dans le monde du design graphique et du web. Rien n'est impossible si vous êtes talentueux(se), mais il faut être prêt à travailler très dur pour se faire connaître et tenir sur la durée. Une personne travaillant pour "L'observatoire régional des compétences du numérique" me confirmait récemment que les débouchés dans le web se trouvaient plutôt du côté des développeurs. Sinon, si votre objectif est avant tout de travailler en freelance sans que cela soit forcément dans le graphisme et le webdesign, il existe des dizaines de métiers où il est possible de créer son entreprise sur internet, comme l'indique un article sur les meilleures idées de business en ligne qui comporte énormément de conseils, d’exemples et de ressources externes.


Pour découvrir mon travail de graphiste :

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